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Maladie des Vers du Coeur ou Dirofilariose

La maladie des vers du coeur ou dirofilariose est causée par un parasite transmis par un moustique d’un animal à l’autre. La dirofilariose est grave et peut causer la mort de l’animal.

Qu’est-ce que le ver du coeur

Le ver du coeur est un nématode du genre Dirofilaria. Son ver adulte, qu’on appelle aussi filaire, ressemble à un spaghetti très fin, de couleur blanchâtre mesurant jusqu’à 30 centimètres. Il se loge surtout dans les artères pulmonaires, le coeur droit et la veine cave. Un chien très infecté peut héberger jusqu’à 500 vers adultes! La femelle donne naissance à de minuscules bébés immatures, appelées larves (stade L1) ou microfilaires, qui circulent librement dans le sang. Le genre Dirofilaria comporte environ 27 espèces. En Amérique du Nord, on retrouve Dirofilaria immitis, D. subdermata, D. tenuis, D. striata et D. ursi. À ce groupe se greffent les genres Dipetalonema et Brugia, responsables de problèmes du même ordre.

Comment se transmet la maladie

Le moustique, ou maringouin, propage le parasite d’un animal à l’autre.

Prenons l’exemple de 2 chiens, Bouffy, un chien infecté par les vers du coeur et Kari, un chien sain.

La femelle adulte du ver du coeur envoie ses microfilaires dans la circulation sanguine de Bouffy. Le moustique pique Bouffy et ingère du sang avec des microfilaires. Pour les 2 à 4 prochaines semaines, avec une température extérieure de 18ºC à 27ºC, ce moustique devient un hôte intermédiaire, c’est-à-dire qu’il permet aux vers immatures (L1) de se transformer en larves infectantes (L3).

Après cette période d’incubation, ce moustique contaminé pique Kari et dépose une goutte de salive contenant quelques larves infectantes qui pénètrent la peau par la blessure. Une fois dans les tissus de Kari, les larves continuent leur développement (L4), migrent vers le coeur où elles atteignent la forme adulte, se reproduisent et relâchent des microfilaires dans le sang. Ce cycle prend 190 jours après l’infection.

Kari est maintenant infecté et constitue un réservoir pour contaminer tout le voisinage!

Hôte

Hôte définitif

  • Le chien est l’hôte habituel et toutes les races sont susceptibles de s’infecter.
  • Environ 21 autres espèces de canidés domestiques et sauvages, tels que le renard, le coyote et le loup, s’infectent et peuvent jouer le rôle de réservoir. Ces animaux sauvages sont importants car ils se déplacent sur de grandes distances, comparativement au moustique qui voyage sur de courtes distances.

Hôte intermédiaire

  • Moustique du genre Culex, Aedes et Anopheles.
  • La puce ne peut pas être vectrice.

Hôte anormal

Un hôte anormal peut être infecté, mais ne joue probablement aucun rôle significatif dans la transmission de la maladie. Ce sont certaines espèces de:

  • félidés, dont le chat domestique et une dizaine d’autres espèces,
  • phoques et otaries,
  • animaux sauvages tels le castor, le furet, le vison, le raton laveur, l’ours,
  • équidés, tels que le cheval,
  • singes (plusieurs espèces),
  • ainsi que l’humain. Pour cette raison, la maladie des vers du coeur est considérée comme une zoonose, une maladie transmissible à l’humain.

Distribution géographique

À l’échelle mondiale, le parasite vit dans les régions à climat tropical et subtropical, principalement dans les zones côtières et fluviales. On localise les zones d’enzootie, ou zones problèmes, où l’on retrouve le parasite avec de nombreux cas d’infections en

  • Amériques nord et sud (zones côtières et fluviales surtout)
  • Asie
  • Europe méridionale
  • Australie
  • Afrique du nord.

Au Canada, le parasite est présent dans la ceinture sud des provinces de

  • Québec
  • Ontario
  • Manitoba
  • et la vallée de l’Okanagan en Colombie Britannique.

Au Québec, avec les données météorologiques des 30 dernières années, on conclut que la transmission du parasite est surtout possible en juillet et août (période du 2 juillet au 8 septembre). C’est en 1984 qu’on déclare dans la province l’épidémie de dirofilariose. En 2007, la zone d’enzootie devient

  • tout le sud de la province,
  • la limite nordique est au nord de la ville de Québec.
  • Mais près de la moitié des cas sont signalés au nord de l’île de Laval, entre L’Assomption et Lachute.

Symptômes de l’animal ou signes de la maladie

  • Tousse de façon chronique
  • Respire difficilement ou dyspnée
  • Fatigué suite à un effort
  • S’effondre suite à un effort
  • Perd du poids malgré son appétit
  • Défaillance cardiaque
  • Passif ou apathique
  • Reins fonctionnent moins
  • Mort

La présence de vers dans le coeur entrave la circulation sanguine, endommage le coeur, les poumons, le foie et les reins. Malheureusement, lorsque les signes de la maladie sont évidents, plusieurs organes sont déjà atteints de façon irréversible.

Diagnostic

Le dépistage se fait par un test sanguin pour rechercher la présence de microfilaires ou d’adultes, mais aucun test n’est fiable à 100% (Difil, test de Knott modifié, frottis frais, test sérologique).

Traitement de la maladie

Oui, c’est possible de traiter un chien ayant des vers dans le coeur, mais il y a des risques. On doit garder l’animal au calme avec un minimum d’exercice, car le médicament détruit les vers adultes, ce qui peut causer d’autres dommages aux organes déjà éprouvés.

Prévention? L’idéal !

Faites tester votre animal selon la recommandation de votre médecin vétérinaire. Grâce à une analyse de sang en début de saison, on s’assure que les microfilaires sont absents (test négatif) et on soumet immédiatement le chien à un programme de prévention grâce à un médicament. Si le moustique pique l’animal et lui transmet des microfilaires, le traitement médicamenteux empêche le développement des larves infectantes. Le cycle vital du ver du coeur se trouve ainsi interrompu.

Quand traiter

Au Québec, on recommande de traiter votre chien en continu pendant le printemps, l’été et l’automne, soit de juin à novembre. L’important est de traiter un mois après l’arrivée des moustiques et de terminer un mois après la fin de cette saison des moustiques.

 

En résumé

Le meilleur traitement, c’est la prévention!

Liens utiles

Références 2007

Alain Villeneuve, D.M.V.

Médecin Vétérinaire, professeur de parasitologie, Faculté de Médecine Vétérinaire, Université de Montréal

Auteur du livre « Les zoonoses parasitaires : l’infection chez les animaux et chez l’homme » ,

Edition Les Presses de l’Université de Montréal, 2003